About Electron ■ 9e édition

UN FESTIVAL DEDIE AUX CULTURES ELECTRONIQUES

La culture électronique a ceci de passionnant, c’est qu’elle ne connaît que les limites, sans cesse repoussées, qu’on veut bien lui donner. Si de nombreux passionnés oeuvrent de tous bords pour en reculer chaque jour un peu plus les frontières, elle ne se trouve cependant bien souvent cantonnée, aux yeux d’un large public, qu’à la seule musique électronique. Certains festivals, à l’instar d’Electron, l’ont bien compris et besognent dans l’ombre pour forger à chaque édition un vaste programme balayant un large spectre de cette foisonnante culture. Chaque année, durant le week-end de Pâques, le festival genevois investit le cœur de la cité calvine, pour le convertir en temple de la culture électronique: la musique y occupe, certes, une place prépondérante, mais des vitrines de plus en plus étoffées sont octroyées chaque année aux collaborations et aux disciplines voisines que sont la danse, l’art contemporain, les performances, les projections ou encore les workshops ou les conférences. Cette pluridisciplinarité, qui constitue l’essence même du Festival Electron, en marge d’une programmation musicale autant pointue et visionnaire, que pertinente et actuelle, en fait l’un des festivals les plus intéressants du genre, qui ne connaît pas d’équivalent en territoire suisse et que très peu en Europe.

Que soit lancée cette neuvième édition!

De nouvelles scènes et une offre gratuite alléchante

Si l’année passée, le festival avait ouvert une large fenêtre sur la scène internationale de grande renommée, en lui offrant un espace de rave/rêve à la Patinoire des Vernets – scène désormais obsolète, en raison de la fonte tardive de la glace – le festival recentre désormais ses activités musicales nocturnes dans le quartier de la Jonc- tion et renforce, en contrepartie, considérablement son offre de jour avec l’inauguration d’une nouvelle scène d’envergure, «Chez Martin», sur la Place du Cirque. En collaborant avec différents acteurs de l’industrie musicale, à l’instar de Tsugi, Couleur 3 ou, plus localement, Ecoutes au Vert, c’est non seulement un espace dédié à la jeunesse (qui bénéficiera par ailleurs également d’une programmation cinéma enfants) que le festival inaugure, mais également une scène gratuite à résonnance internationale, puisque des artistes confirmés s’y produiront en mode diurne.

Ce nouveau pôle s’inscrit dans la volonté du festival de rendre accessible la culture électronique et d’offrir à un public extrêmement large une offre gratuite de qualité. Aux sets de jour «Chez Martin», s’ajoutent non seule- ment des workshops planifiés à la Fonderie-Kugler, mais surtout, regroupés au vaste pôle du Commun (dans le Bâtiment d’Art Contemporain), des concerts – parmi lesquels celui de la pionnière de l’électro-acoustique, Eliane Radigue – des performances, de la danse (Chat Néon), des conférences et une exposition: dès le 8 mars, date du vernissage et lancement officiel de la neuvième édition du festival Electron, le lieu sera en effet le théâtre de Maison opéra, une exposition mettant en parallèle de façon pertinente opéra, night-clubbing, voguing et art contemporain.

L’offre gratuite englobera également la performance, dans le cadre de la collaboration qu’a initié cette année le festival avec la Chine, de l’artiste Yang Tao aux Freestudios – à créditer également au rang des nouveaux lieux – ainsi que la pièce unique des frères Décosterd (Cod.Act), Cycloïd-E, un objet spectacle des plus surprenants primé à Ars Electronica, qui sera visible durant les quatre jours du festival à la Black Box du Grütli.

02TEAM 2012

On ne saurait manquer de compléter la liste des nouvelles scènes avec deux lieux inédits à vocation antino- mique: samedi, en début de soirée, le Temple de la Fusterie sera le théâtre religieux du projet de Matt Stokes convertissant des standards techno à l’orgue, tandis que La Gravière, espace inédit autant à Genève qu’au festi- val, accueillera les styles de niche qui, depuis la fermeture d’Artamis en 2008, n’avaient plus trouvé de toit pour s’émanciper jusqu’au petit matin.

Une dynamique de non concession

Le Festival Electron, pratiquement accessible 24h/24h, bénéficiera ainsi cette année d’une configuration unique, qui donnera tout loisir aux festivaliers de démarrer la journée dès le matin (10h) en s’inscrivant aux workshops, de poursuivre ensuite leur périple en visitant l’exposition au Commun ou en brunchant à la Fonderie-Kugler durant la pause de midi, d’assister à des conférences, des concerts ou à des spectacles de danse l’après-midi, d’after-worker aux sons des DJ «Chez Martin» ou de visionner un film en début de soirée, avant d’entamer leur marathon nocturne.

Pour sa session by night, le Festival Electron étoffe sa programmation tout en recentrant les actes à l’Usine et au Palladium. Savamment orchestrée selon une recette qui fait mouche à chaque édition (le meilleur et rien que le meilleur de la production électronique), la programmation répondra cette année à une logique transver- sale – outre celle stylistique – permettant d’y voir un peu plus clair dans ce dédale d’artistes: que ce soit pour les légendes (Carl Craig, Caspa, T.Raumschmiere, Fumyia Tanaka), pour les découvertes (Sawf, French Fries), pour le come-back d’artistes prodigues (Mouse on Mars, Jackson), pour les révélations de l’année 2012 (Django Django, Rustie, Foreign Beggars, Martyn, Gesaffelstein), pour les représentants de nouveaux styles (Nadastrom, Munchi), pour les sonorités world (Fauna), pour les signatures helvétiques (Sonja Moonear, Quenum, Mercury, Emilie Nana, Dollar Mambo), pour les projets spéciaux (High Damage, procession sur le thème de la danse de Saint-Guy) ou pour les collaborations inédites (High Damage, Thavius Beck & Mike Ladd, Cristian Vogel & What Else Is There), l’accent a été mis une nouvelle fois sur une dynamique de non concession, qui a établi le Festival depuis ses débuts comme l’un des plus pertinents du genre.

On soulignera, en dernier lieu, la collaboration originale entre Electron et l’OCG (Orchestre de Chambre de Genève), pour commémorer le 100ème anniversaire de la naissance de John Cage, dans une création inédite avec la compagnie de danse Foofwa d’Imobilité. Dancefloor, instruments classiques et danse contemporaine feront ici bon ménage, pour le plus grand plaisir d’un public certainement médusé.

Faut-il encore le rappeler? La création électronique n’a décidément aucune limite. En tout cas pas à Electron.